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André, Léon, Constant, CUENOT né le 12 janvier 1912

Ordonné prêtre le 29 juin 1939

Du 29/07/1939 au 7/09/1942, Vicaire à Audincourt

Du 08/09/1942 au 2/10/1951,  curé au Luisans

Du 03/10/1951 au 28/06/1967, curé à Bians les Usiers

Du 29/06/1967 au 23/09/1995, curé à Bulle

Depuis le 24/09/1995,  en retraite à Bulle

Depuis 2000,  en retraite au centre diocésain de Besançon.

 

 Bon anniversaire Père CUENOT : vénérable centenaire

« Pour vivre heureux, vivons...... curé!... »

            C'était le sentiment éprouvé par tout le monde. Il y régnait un climat de bien-être. Comme à la messe du matin, une véritable communion sous toutes les espèces et sur tous les esprits. Et un seul centre d'intérêt, notre centenaire: le père CUENOT. Le lieu : le centre diocésain qui accueillait la famille du père Cuenot, et ses anciens paroissiens de Bulle et de Bannans.

            Et pour la réussite de la fête, le personnel et son directeur, Monsieur Bourgon, étaient entièrement dévoués à la cause, tellement le plaisir de réunir tout ce monde était palpable. Nous les remercions vivement de leur chaleureux accueil. Même une résidente, âgée elle aussi, et très émue, a voulu s'approcher du micro pour témoigner de la bonne compagnie du centenaire au nom de tous les occupants du centre.  

            C'est vrai, ce sera une journée inoubliable qu'auront vécu ceux et celles qui ont voulu l'entourer ce jour-là. Nous y sommes allés pleins de bons souvenirs de son passage parmi nous, nous avions un certain doute sur l'évolution de sa prestance, mais nous avons été vite rassurés par sa mémoire, sa pertinence à relever tous les détails de sa vie, à illustrer par ses petites histoires dont il a le secret, et toujours avec son air jovial et sa manière de raconter bien à propos.

            Claude Pasteur, au nom de tous ses anciens paroissiens, a rappelé son parcours ecclésiastique. Puis il a voulu relaté plus particulièrement ses qualités relationnelles qui ont fait de lui un prêtre estimé, et respecté de tous,  toutes générations confondues. Par des faits de vie quotidienne, il a souligné son mode de vie simple qui lui a valu ce contact facile avec les familles. Il a retracé l'exercice de son ministère pendant trente-deux ans dans nos paroisses avec un esprit de partage et de participation active avec la chorale par des chants harmonieux et une équipe paroissiale à ses côtés, comme pour préparer ses paroissiens à la mutation profonde vers l'unité pastorale.

            Claude Dussouillez, au nom des municipalités, a félicité ce centenaire que nous n'arrêtons pas de fêter depuis 20 ans et que nous espérons encore  fêter d'années en années. Il a remercié le père Cuenot pour sa modestie, sa bonne humeur, sa bonté naturelle, sans oublier le réconfort apporté aux malades. Lui aussi a voulu souligner cette jovialité et cette tolérance qui le caractérisent  et qui, selon lui, ont facilité l'harmonie qui règne entre les deux communes.

            Inutile de dire que le bonheur était à son comble, lorsque l'on a entendu le bruit des bouchons qui sautent et l'arrivée du gâteau illuminé offerts par les municipalités! En chœur, on a chanté « Joyeux  anniversaire !» et trinqué à la santé de notre cher père CUENOT à qui nous souhaitons encore de beaux jours.

Georges ISELY

 « De la rencontre naît la richesse »

Il n’est pas de plus réel adage pour qualifier notre visite chez Georges Isely « Le Suisse » comme il se qualifie lui-même. Pourtant c’est une ancienne figure du village. Arrivé à Bulle en 1965 pour reprendre cette ferme mitoyenne ayant appartenu à Raymond Mesnier, Georges est un Suisse qui a connu la    France très jeune en travaillant chez Dubied à Pontarlier (usine rachetée par Schrader en 1960) durant 14 années avant de rejoindre Dubied Couvet où il effectuera 28 autres années de labeur. A Bulle Georges découvre une maison plus que sommaire dont la seule richesse est une ancienne forge, que son père Charles va faire pleinement revivre pour créer avec passion des volutes « ferronnées » et des objets disparates.

 Pour Georges la passion est toute autre née d’une trouvaille fortuite d’une montre, qu’il va, à l’âge de 14 ans, entièrement démonter et reconstituer.

Chez lui les mouvements d’horloge rythment son tempo de vie. Son   atelier de bricolage nous permet d’admirer outre de multiples mécanismes d’horloges, des ceintures de cuir aux boucles  remarquables.

Pour lui et pour son épouse passionnée de vannerie, Bulle représente le calme, la sérénité, une vie heureuse qu’ils savent apprécier au quotidien.

 Claude BARCON

Fils d’agriculteur et toujours passionné par le milieu naturel  et les animaux, Claude a une passion : les colliers d’animaux et le matériel ancien. Il possède actuellement 330 colliers de toutes sortes et de toutes régions qu’il récupère sur internet ou sur les brocantes et vide greniers de la région.

Mais, s’il a connaissance d’une belle pièce ailleurs, il n’hésite pas à traverser la France pour l’ajouter à sa collection. Et comme Claude est un fin bricoleur, tout l’entretien et la réparation est faite par lui à la période hivernale.

Sur ces 330 colliers, il possède des colliers de chevaux, d’ânes, de chiens de toutes les régions de France et de Navarre et même d’Amérique.

Et bien sûr, Claude est toujours heureux de vous les présenter et d’en parler avec vous.

 

 

 

50ème anniversaire de la mort d’André VALION

Le 5 juin, la famille Valion, la population de Bulle émue, les anciens combattants du secteur et de nombreux porte-drapeaux ont commémoré le cinquantième anniversaire de la mort d’André Valion. En 1956, Dédé et Jules Valion, orphelins de mère, vivent sur la ferme familiale avec leur père Just. Jules, l’aîné, saisonnier à la chocolaterie, reçoit son ordre de mission pour partir le 7 janvier 1956 à Casablanca au Maroc. Il revient à Bulle le 27 décembre 1957 après deux jours de voyage. Les deux frères reprennent le travail à la ferme mais en mars, Dédé, sursitaire, reçoit à son tour l’ordre de partir en Allemagne où il reste 13 mois. Quelques jours de repos au village puis il repart cette fois pour Oran en Algérie. Il revient pour une courte permission mais décède le 27 mai 1960 à Mascara 3 semaines avant sa libération. Le 13 juillet 1960, ses conscrits du village portent le cercueil de Dédé, 24 ans au cimetière de Bulle.

 

 Quelques extraits des discours prononcés le 5 juin :

 

« Pour que le sacrifice d’André Valion et de tous ses camarades morts en Afrique du Nord ne soit pas vain, nous devons perpétuer, honorer leur mémoire et témoigner, notamment devant les jeunes générations, de ces douloureuses pages de l’histoire de notre pays » Roger Pontarlier, Président des Anciens Combattants

 

 

 

« Citons Robert Pontarlier, maire de Bulle le jour des obsèques d’André Valion : Puisse ton sacrifice n’avoir pas été inutile et avoir avancé l’heure de cette paix si ardemment souhaitée par tous ». Dominique Ménétrier, Maire de Bulle

 « Amis, Anciens combattants, Mesdames, Messieurs,

Le temps passe, les paroles se perdent mais le souvenir reste. Souvenirs douloureux car le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants. Comment oublier la cruelle disparition d’André, un frère d’armes si proche, même âge, même pays, même grade, même escadron ? André était affecté en tant que sous-officier au peloton d’orienteur télémétreur, pacifiste et tolérant, il était très estimé par ses hommes pour

son calme et sa discrétion. Après l’enfer du sud et après avoir subi d’énormes pertes de soldats dans l’embuscade du col de Sissifa, l’escadron était en poste à Matemore, village proche de Mascara ; c’est André qui assurait le service de Vaguemestre. C’est en effectuant une patrouille avec deux jeeps armées de mitrailleuses et leurs équipages dans le secteur de Mascara qu’ils furent pris par les feux d’une embuscade sur le chemin du retour – trois dragons furent blessés – André, lui, fut très gravement atteint et malgré les secours rapides, sa blessure s’avéra mortelle.

Lors de son chargement dans l’ambulance, conscient de son état, il nous dit ceci : « merci les gars, vous avez fait ce que vous pouviez pour moi ». Malheureusement, c’était un Adieu… Je fus nommé par le Capitaine Cluzel au poste qu’occupait André, un franc comtois doit en remplacer un autre, me dit-il. Dans ces moments de misère, j’ai vraiment découvert une certaine forme de camaraderie entre les hommes de troupe que j’appellerais le silence de la mort. On ne parle pas, on se regarde, on se comprend, on s’interroge… C’est ça la GUERRE.

André était né avec la guerre et mort à la guerre… Quelle guerre, pour qui, pour quoi ? Nous étions les occupants. Tant de morts, blessés, handicapés, malades. Tant de vies brisées, d’espoirs déçus, tant de malheurs. Oui, les sépultures militaires doivent être conservées pour exhorter à la paix, pour inciter les hommes à l’entente et à la réconciliation. Au nom de tous les anciens du 30ème Régiment des Dragons et principalement de la part de Gilbert Héry ton chauffeur, de Costentin Bernard, de Guillaume Emile tes camarades de chambre, je viens t’adresser notre profonde et peut - être ultime reconnaissance. Hommage à toi André dans l’éternité.

Je remercie tous les participants à cette cérémonie, je remercie le prêtre, merci à l’union des Anciens Combattants de Bulle de m’avoir invité. Merci à tous. » Guy COURDIER, Chapois.

 Les Anciens combattants chantent L’Algérie (Sur l’air de Fais du feu dans la cheminée)

Algérie, pays de Soleil,

Nous n’oublions pas

Ceux qui sous le bleu de ton ciel

Sont tombés là-bas.

 

Quand le bateau quittait Marseille,       

Longeant l’îlot du château d’If,

Rassemblés sous le chaud soleil,

Tous sur le pont restaient pensifs.

Ils partaient pour une aventure,

Un autre monde, une autre terre.

Présentaient tant d’incertitudes

De l’autre côté de la mer.

 

     

   Débarqué sur le sol d’Afrique,

   Chacun rejoint son unité

   Il faut faire œuvre pacifique,

   Maintenir l’ordre, le restaurer.

   Sur la frontière tunisienne,

   Dans les Aurès, comme à Alger

   Jusqu’aux oasis sahariennes,

   Dans le Djebel, dans l’Oranais.

 

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Pour pacifier le territoire,

Ils partent en opérations

Le fellagha dans la nuit noire

Sème la peur, la désolation.

Le feu nourri d’une fusillade

Stoppe soudain la progression

Le convoi tombe en embuscade,

Des deux côtés, des jeunes mourront.      

   Sur le bateau qui rentre en France,

   On dit adieu à l’Algérie ;

   Remerciant Dieu d’avoir la chance

   De revenir dans son pays.

   Quand Notre Dame de la Garde

   Se montre enfin à l’horizon

   C’est la joie et parfois les larmes,

   On rentre enfin à la maison 

 Nos Anciens se souviennent et racontent

 Un grand merci à Marianna Pasteur, à Renée Chauvin, à Camille et Henriette Bouther, à Victor et Geneviève André, et à Raymond Maire qui ont bien voulu nous apporter leurs témoignages de ces années d’occupation.

Tout d’abord rappelons le contexte : après la victoire allemande, la France est coupée en deux et Bulle se situe en zone occupée à seulement 35 km de la zone libre (limite à Ney vers Champagnole). Le 17 juin 1940 l’armée allemande arrive à Pontarlier et ses environs et la période que nous voulons vous faire partager recouvre 4 années jusqu’au 4 septembre 1944 date de la libération de Bulle !

 

1940-1942 : une période d’adaptation difficile

Dès juin 1940 de nombreuses maisons du village sont réquisitionnées pour y loger l’ennemi ; il faut nourrir l’armée allemande : hommes et chevaux Cela implique par conséquent des restrictions et certaines denrées deviennent rares .Les ruraux qui pratiquent l’élevage des petits animaux et le jardinage s’en sortent relativement mieux que les citadins qui, avec les tickets de rationnement seulement, crient famine.

Pendant cette période le rôle des femmes est primordial car dans certaines maisons elles assument presque seules la survie de l’exploitation familiale !

Ces années marquent pour beaucoup le refus de collaborer, d’accepter l’occupant et ses contraintes !

1942-1944 : la résistance s’organise :

La classe 1942 doit être réquisitionnée pour partir travailler en Allemagne (STO) ; les 7 jeunots du village fuient et rejoignent le maquis ; ils y retrouvent quelques-uns plus chevronnés et forment une petite cellule « maquisarde ». Ainsi une dizaine d’hommes parmi lesquels Camille Bouther, Victor André, André Chambelland, Léon et Emile Chauvin, Pierre et André Riffiod, Gaston Drogrey, Charles Maire, Camille Maire, Vincent Bouther, Maurice Chambelland, Marcel Vieille, Joffre More…. va se mettre sous les ordres des chefs locaux de la résistance, Mr Vuillaume instituteur à Bouverans et le colonel R. Boutteçon. Non armés, malgré quelques tentatives de parachutages d’armes du côté du château de Maillot ou Le Muy en 1944 seulement, ils ne prétendent pas rivaliser avec le grand maquis basé à la ferme des Emmailloches ou Cessay, pourtant ils vont effectuer quelques missions de renseignements et de sabotages de la voie ferrée. Pour eux c’est une vie toute particulière avec des nuitées dans les bois à La Pierre, aux Bougnons ou au bois de Bulle (leur cabane est située dans la parcelle 10), des retours subversifs au village pour y chercher de la nourriture et enfin des travaux aux champs (aide discrète à leur famille). Pendant ce temps au village, la vie devient de plus en plus difficile : les informations deviennent de plus en plus confidentielles en raison du climat de suspicion qui y règne !

Le marché noir (troc de denrées, échange de marchandises en tous genres) permet à certains d’améliorer leurs conditions de vie.

 

9 et 10 mai 1944 : le drame

La nuit du 9 au 10 mai 1944, vers 4 heures du matin, les soldats de la Feldgendarmerie se déploient autour de certaines maisons à la recherche de 4 jeunes …Y aurait-il eu une dénonciation ? Certains maquisards s’échappent miraculeusement en s’enfuyant (Charles Maire par la chatière des poules dans la ferme Jeannin), d’autres en se cachant (Camille Maire sous la maison). Hélas pour Pierre Riffiod c’est trop tard ! Dans le grand couloir de la ferme de Félix Bouther il reçoit une balle qui lui déchire l’artère fémorale : malgré son transfert à l’hôpital de Pontarlier il décède le 10 mai 1944. C’est une nouvelle qui se répercute dans tout le Haut Doubs. A son enterrement auquel ne peut assister son frère André incarcéré, l’abbé Pourcelot, curé de la paroisse, lui rend un hommage solennel devant une foule innombrable ! Puis certains sont interrogés à Pontarlier et finissent par être libérés. Edouard Chambelland, Joseph Vieille, Georges Maire feront 15 jours de prison. Ils seront libérés le14 juillet 1944 !  

 Le 4 septembre : jour de liesse : Bulle est libéré !

 

 Après 4 ans de privations, d’occupation, d’espérance mais aussi de désillusion le grand jour est arrivé : vers 6 h toute la population est dans la rue ; elle accueille dans la liesse générale ses libérateurs composés non pas d’Américains mais de soldats français et F.F.I sous les ordres du commandant Bonnet. Bulle est enfin libre ! Les 2 cafés de l’époque Drogrey et Décorbez (et ce n’est pas une légende) se révèlent alors trop petits pour accueillir une foule remplie d’une joie incommensurable qui va faire la fête deux jours durant !